Le cadmium fait partie des métaux lourds, classé comme cancérogène certain (CIRC – groupe 1). L’étude ESTEBAN de 2021 avait déjà montré qu’une partie importante de la population française était contaminée au cadmium. Plus particulièrement, elle avait montré que les taux de cadmium dosés chez les adultes avaient augmenté de 40% en 10 ans (période 2006-2016) et que 47% des adultes dépassaient le seuil critique de cadmium fixé par l’Anses. Rien n’ayant vraiment changé depuis, sans surprise, la dernière étude réalisée par l’ANSES a confirmé ces résultats et cette tendance à la hausse.
En quoi cela est-il problématique et comment limiter son exposition ? Voici quelques éléments de réponse
Les problèmes du cadmium
Comme je l’ai dit en introduction : Le cadmium fait partie des métaux lourds, classé comme cancérogène certain. Plus particulièrement, il est suspecté d’augmenter les risques de cancer du pancréas, du foie et des reins. Il s’accumule dans l’organisme et se stocke principalement dans les reins. Enfin, il augmente le risque de fragilités osseuses, de maladies cardiovasculaires et entraine des troubles du développement du cerveau et du système nerveux chez l’enfant.
D’où vient le cadmium ?
Le cadmium est naturellement présent dans les sols, certains plus que d’autres. C’est pour cela, par exemple, que le chocolat a été pointé du doigt il y a quelques mois : les sols des régions dans lesquelles les cacaoyers sont cultivés en Amérique du Sud sont généralement (mais pas toujours) riches en cadmium, à l’inverse de zones de cultures en Côte d’Ivoire.
Mais le souci majeur vient de l’apport de cadmium par les engrais phosphatés utilisés en agriculture, et surtout en agriculture conventionnelle. Et pour le coup, la France est championne d’Europe dans ce domaine ! Déjà, elle est la première consommatrice d’engrais en Europe (en volume). Ensuite, elle importe 95% de ses engrais phosphatés dont une partie provient du Maroc ou les sols sont parmi les plus riches en cadmium de la planète…. Nos voisins européens, au contraire, s’approvisionnent davantage en engrais provenant d’Europe du Nord, dont les gisements sont naturellement pauvres en cadmium.
Ces engrais sont répandus dans nos champs, ils sont ensuite intégrés par les plantes qui y poussent, et se retrouvent ainsi dans nos assiettes.
Autre souci de taille : là où l’Europe a fixé un seuil de cadmium à 60 mg/kg d’engrais phosphatés (certains pays étant même à 20mg/kg), en France on est à 90… Il semblerait que ce soit en train de bouger…mais vu la propension de nos ‘chers’ élus à se laisser acheter par les lobbies et à agir contre l’intérêt général, rien n’est gagné. Pourtant c’est bien en diminuant les intrants (et la pollution initiale) qu’on pourra vraiment changer les choses !
En attendant, que faire à l’échelle individuelle ?
Les aliments les plus contaminés en cadmium
Les principales sources alimentaires de cadmium sont :
- Le pain & produits de panification (viennoiseries, pâtisseries, céréales du petit-déjeuner_principale source chez les enfants)
- Les pommes de terre ,
- les mollusques, les crustacés,
- les algues,
- les abats.
- certains légumes racines ou à feuilles vertes
- le chocolat (surtout noir car plus riche en cacao).
Sans oublier, en source non alimentaire, le tabac !
Plus que la teneur en cadmium d’un aliment, il faut aussi regarder la quantité ingérée et sa fréquence. Les fruits de mers sont certes riches en cadmium mais on n’en mange pas tous les jours, voire toutes les semaines, donc in fine, l’apport reste modeste comparé aux produits céréaliers et pommes de terre.
Comment limiter sa contamination au cadmium
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Diminuez votre consommation de produits céréaliers
L’apport le plus important en cadmium provient des produits céréaliers (pain, pâtes et céréales pour petits déjeuners). Il est donc utile d’en consommer un peu moins. Par exemple, le matin, remplacez le bol de céréales par un petit déjeuner protéiné à base d’œuf, de fromage et/ou de jambon ! Cela serait d’ailleurs souhaitable d’un point de vue santé général, enfants comme adultes.
Les diététiciens tendent à prôner la portion de glucides à chaque repas, ce qui est trop. On n’a pas besoin d’accompagner chacun de ses repas d’un féculent ! Il est suffisant, surtout si on a une activité plutôt sédentaire, de se contenter d’une portion de protéines (viandes, poisson, œufs) et de légumes…bien sûr en prenant au moins 1/3 à ½ assiette de légumes.
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Optez pour des alternatives plus pauvres en cadmium
Notamment remplaçant pomme de terre et pâtes par de la patate douce ou encore des légumineuses (lentilles, pois cassés, haricots secs, pois chiches…) voire des pâtes de légumineuses (moins riche en fibres donc moins intéressant nutritionnellement MAIS du coup plus doux pour l’intestin des personnes sensibles !)
Enfin, plutôt que de donner aux enfants des gâteaux au gouter, remplacez-les par des fruits à coques/oléagineux (noisettes, noix, amandes, …) et un fruit ou une compote. Moins de cadmium, mais aussi moins de sucre. C’est sûr, c’est moins gourmand à priori…mais c’est une habitude à prendre.
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Optez pour le bio
Selon une méta-analyse de 2014 (Monde)1, le bio serait 48% moins contaminé au cadmium que les produits issus de l’agriculture conventionnelle. L’étude n’est pas spécifique à la France, mais chez nous, d’une part la limite de cadmium dans les engrais phosphorées est de 60 mg/kg au lieu de 90mg pour le conventionnel, d’autre part, seul 1% d’agriculteurs bio utilisent ce type d’engrais2.
Il est donc utile de remplacer ses pâtes, pommes de terre, quinoa, farines conventionnels par des produits bio et complet ou semi-complets, tant qu’à faire.
NB : pour vos enfants en revanche, inutile de remplacer les ‘miel pops’ kellogs par des miels pops bio…certes moins de cadmium, mais toujours un désastre nutritionnel !
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Le terroir compte
Tous les sols ne sont pas pollués de la même manière. Ainsi, le riz de Camargue sera plus riche en cadmium (et arsenic) que du riz basmati BIO qui vient des hauts plateaux en Inde.
Idem, alternez avec du chocolat d’origine Afrique/Côte d’Ivoire et pas seulement d’Amérique du Sud
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Rincer/tremper ses céréales avant cuisson
Favoriser une bonne fonction de détox !
Et oui, le corps absorbe chaque jour des polluants et métaux lourds, pourtant nous n’en souffrons pas tous de la même manière. Le corps possède un système de détoxification cellulaire, hépatique et rénal qui en élimine une bonne partie et heureusement !
Pour que ces systèmes puissent fonctionner, il est indispensable d’apporter à son corps quotidiennement :
- Des aliments riches en antioxydants: fruits et légumes frais ou surgelés (encore plus en bio), de saison. Fruits rouges, thé vert (bio et japonais plutôt que chinois), curcuma, cannelle, herbes aromatiques…
- Des aliments riches en Zinc: foie de veau (agriculture bio de préférence !), fruits à coque, œufs, léguminesues
- Des végétaux favorisant la detox hépatique: brocoli (peu cuit et bien mastiqué), ail, ail des ours, artichauts, radis noir ou blanc, les tisanes de chardon-marie, de romarin, de pissenlit
- Et bien sûr de boire suffisamment d’eau (~1.5L) pour bien drainer les toxines
Se faire accompagner au printemps et en automne pour des cures de soutient du foie et des reins peut donc s’avérer utile (et évite de faire n’importe quoi). Il existe aussi des protocoles de detox des métaux lourds en naturopathie…là encore à faire proprement pour ne pas juste déplacer le problème d’un organe à un autre !
Sources :
- Barański M, Średnicka-Tober D, Volakakis N, et al. Higher antioxidant and lower cadmium concentrations and lower incidence of pesticide residues in organically grown crops: a systematic literature review and meta-analyses. British Journal of Nutrition. 2014;112(5):794-811. doi:10.1017/S0007114514001366
- CADMIUM : LA BIO MISE INJUSTEMENT DANS LE MÊME SAC QUE LE CONVENTIONNEL




