Tu le sais surement : notre corps entier, notre cerveau, nos fonctions digestives, reproductives et autres encore, sont gérées par des hormones. Hormones sexuelles (œstrogènes, testostérone,…), hormones surrénaliennes (cortisol, DHEA,…), hormones thyroïdiennes, mais aussi hormones aidant au métabolisme (insuline et GLP1 pour la gestion de la glycémie,…etc). Et bien il se trouve que l’équilibre de bon nombre d’entre-elles va dépendre directement de l’équilibre de ton écosystème intestinal, une triade incluant le microbiote, la perméabilité intestinale et le système immunitaire intestinal.
Ainsi, si tu souffres d’un déséquilibre hormonal (acné, syndrome prémenstruel, règles abondantes et/ou irrégulières, ménopause compliquée,…) ou encore de problèmes thyroïdiens ou même de stress chronique, ne fait pas l’erreur de négliger ta santé intestinale. Il y a de fortes chances qu’une bonne partie de la solution s’y trouve…
Les points clés à retenir de cet article sur le lien microbiote – équilibre hormonal :
- Le microbiote d’une femme évolue tout au long de sa vie et en fonction de son cycle
- Une partie du microbiote intestinal appelé estrobolome peut être responsable d’un excès d’œstrogènes
- Certaines hormones, comme le cortisol, les hormones thyroïdiennes ou encore ls niveaux d’œstrogène, jouent un rôle sur l’équilibre ou le déséquilibre de ton microbiote intestinal
- Dysbiose intestinale et intestin poreux : 2 coupables derrière l’endométriose et le SOPK/SMOP (nouveau nom)
- Les signes d’un microbiote déséquilibré
- Les moyens d’améliorer ta santé digestive pour un meilleur équilibre hormonal
Comment tes hormones influences ton microbiote intestinal…et inversement
1-oestrogènes, testostérone et microbiote
Ton microbiote intestinal évolue toute ta vie. Il se met en place pendant les 3 premières années de vie pour ensuite il va subir des ajustements et évolutions plus ou moins importantes en fonction de l’alimentation, l’activité physique, l’équilibre émotionnel, le milieu de vie, la prise de médicaments,…et les variations hormonales. Parmi les gros bouleversements du microbiote chez la femme: la puberté, la grossesse et la ménopause. A plus petite échelle de temps, ton microbiote intestinal va aussi évoluer au cours de ton cycle, au gré des variations hormonales. C’est fou, non ?
A ce jour on a d’ailleurs identifié une partie de ton microbiote intestinal appelé estrobolome qui est particulièrement actif dans le métabolisme des œstrogènes. Pour mieux comprendre son rôle, laisse-moi t’expliquer brièvement comment fonctionne cette gestion des œstrogènes.
Les 4 étapes du cycle de vie de tes estrogènes
- Etape 1 : les œstrogènes sont produits au niveau des ovaires, mais aussi du foie, des surrénales, et des tissus graisseux incluant les seins. Des molécules un peu semblables aux œstrogènes, les perturbateurs endocriniens, peuvent aussi pénétrer dans le corps via l’alimentation, la pilule, le maquillage ou autres produits cosmétiques.
- Etape 2 : les hormones sont transportées vers les cellules du corps (au niveau utérus, poitrine, muscles, os, cerveau,…) ou elles vont se fixer sur des récepteurs et déclencher une action spécifique.
- Etape 3 : les estrogènes (et autres hormones et perturbateurs endocriniens) ‘usagés’ sont alors dirigés vers le foie qui va les transformer en composés plus ou moins oestrogéniques (selon l’efficacité de tes phases de detox), déversés dans la bile pour être évacués vers la sortie via les selles
- Etape 4 : une partie plus ou moins importante de ces dérivés d’hormones vont être captés et retransformés par certaines bactéries de ton estrobolome (et donc de ton microbiote intestinal) puis remis en circulation… Si cette activité (appelée activité bêta-glucuronidase) est importante, notamment à cause d’une dysbiose intestinale, une grosse partie des œstrogènes est recyclée et peut entrainer à terme, un excès d’œstrogènes. Cela se retrouve notamment chez certaines femmes atteintes d’endométriose ou adénomyose (mais pas que !).
De manière similaire, certaines études ont mis en évidence une dysbiose intestinale avec un manque de certaines familles de bactéries chez les femmes atteintes de SOPK/SMOP1.
Dernier point important : un intestin poreux ou leaky gut favorise une inflammation de bas-grade via le passage d’endotoxines et de bouts de protéines alimentaires dans le système sanguin. Cette inflammation peut rendre les récepteurs plus sensibles aux hormones…et donc augmenter la réponse du corps à un niveau d’hormones pourtant normal sur les analyses ! là encore, on le retrouve souvent dans les cas d’endométriose voire de SOPK/SMOP.
C’est pour cela que j’aborde systématiquement l’équilibre de l’écosystème intestinal chez toutes les femmes venant me voir pour des troubles hormonaux !
2-Le double lien thyroïde-écosystème intestinal
La fonction thyroïdienne impacte directement l’équilibre du microbiote intestinal. En effet, les hormones thyroïdiennes (notamment la T3) vont agir sur la production d’acide par l’estomac, sur la libération de la bile par la vésicule, sur la production d’enzymes par le pancréas ou encore sur le transit. Une fonction thyroïdienne basse (hypothyroïdie) va donc occasionner une digestion globalement moins efficace voire ralentie, des fermentations intestinales et don in fine un déséquilibre de flore et une augmentation de la perméabilité intestinale.
Inversement, un intestin poreux autant qu’une dysbiose vont favoriser les déséquilibres thyroidiens2. Déjà, en diminuant l’absorption de micronutriments clés pour la fonction thyroïdienne (iode, fer, zinc, vitamine D…). Ensuite, en favorisant un terrain inflammatoire qui va rendre la conversion de T4 et T3 moins efficiente (et moins de T3 = hypothyroïdie) et favoriser le déséquilibre immunitaire pouvant mener au développement de maladies auto-immunes de la thyroïde (Hashimoto ou Basedow)
3-Niveaux de cortisol et équilibre intestinal
Le cortisol est donc une des hormones produites en cas de stress perçu par ton corps (danger réel ou non) pour te permettre d’y réagir. En général il revient rapidement à son niveau d’équilibre une fois le ‘danger’ passé. Les études ont montré qu’un cortisol chroniquement élevé (stress ou anxiété chronique) avait tendance à altérer le microbiote intestinal (je vois fréquemment le lien avec ls candidose intestinales, par exemple…) et à favoriser le leaky gut.
Inversement, je vois aussi régulièrement au cabinet des personnes anxieuses ou stressées retrouver de l’apaisement après avoir corrigé leur dysbiose. Soit parce que la dysbiose génère elle-même un stress interne et donc favorise l’élévation du cortisol, soit parce que cette dysbiose modifie la sécrétion d’autres hormones (ou neurotransmetteurs) impliquées dans notre calme intérieur et notre bien-être émotionnel (ex : la sérotonine).
Les signes qui laissent penser que tes troubles hormonaux sont liés à ton microbiote
Si en plus de ton acné, de tes cycles irréguliers, de ton syndrome prémenstruel, de tes règles abondantes/douloureuses ou encore de tes difficultés à concevoir, tu observes au moins 2 ou 3 des symptômes suivants, je t’encourage à travailler dès aujourd’hui sur ton microbiote et ta perméabilité intestinale :
- Gaz (flatulences) fréquents et/ou souvent malodorants
- Sensations régulières de ballonnement, ventre dur, borborygmes digestifs
- Selles molles, grasses, flottantes ou dures et sèches
- Transit irrégulier, alternance diarrhées-constipation
- Douleurs, spasmes digestifs, Syndrome de l’Intestin Irritable (SII)
- Immunité basse, sensation d’être toujours malade ou d’attraper tout ce qui passe
- Surpoids, obésité
- Terrain inflammatoire avec tendinites/bursites/ autres trucs en –ites, douleurs articulaires ou musculaires fréquents ou bilatéraux
- Problèmes ORL ou de peau à répétition
- Fatigue chronique
Comment améliorer ton microbiote et ta perméabilité intestinale pour un meilleur équilibre hormonal
Pour améliorer ton microbiote intestinal (à adapter si tu souffres de SII ou SIBO, me contacter si tel est le cas) :
- Limite au maximum ta consommation d’alcool et de soda, d’aliments lights (avec édulcorants), d’aliments ultra-transformés. Arrete la cigarette voire la cigarette électronique
- Commence par consommer des fibres solubles et insolubles. L’optimum est de 25g/jour de fibres. Cela est atteignable en consommant 600g de légumes et fruits (non farineux) chaque jour ainsi qu’au moins une portion de céréales complètes ou des légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots secs,…). Parmi les aliments à la fois riches en fibres prébiotiques ET doux pour les intestins sensibles, vous aurez le riz ou les pommes de terre ayant refroidis (amidon résistant) ainsi que les châtaignes ou farine de châtaigne. Ces fibres vont venir nourrir les bonnes bactéries de ton intestin.
- Tu peux ensuite ajouter des bactéries vivantes ou probiotiques. On en trouve dans les yaourts (laitiers ou végétaux, tant qu’ils contiennent des ferments lactiques), les légumes lactofermentés crus (choucroute, kimchi…), le tofu lactofermenté, le tempeh, le miso, les olives en saumure, la sauce soja/tamari/noc nam, les fromages, le kéfir voire le kombucha.
- Apprends à apaiser ton stress et/ou ton anxiété. L’hypnose peut etre un tres bon outil pour cela, ainsi que d’autres mentionnés dans cet article. Je recommande aussi souvent le neurofeedback ou le programme de véronique Desnoyer qui sont des approches passant uniquement par le corps et apaisant le système nerveux
- Fait le tri dans ta maison pour éliminer les perturbateurs endocriniens! Boites et emballages en plastiques, films plastiques, casseroles en teflon, eau du robinet, certains produis cosmétiques (dentifrices avec triclosan, certains shampoings,…) _ cf application Que Choisir
- Favorise les aliments qui améliorent la perméabilité intestinale
Là encore, si tu veux être accompagnée pour savoir par quoi commencée et être guidée pas à pas dans ta démarche, il te suffit de prendre RDV ou de réserver ton appel découverte gratuit ici.
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Sources :
1-Sun Y, Gao S, Ye C, Zhao W. Gut microbiota dysbiosis in polycystic ovary syndrome: Mechanisms of progression and clinical applications. Front Cell Infect Microbiol. 2023 Feb 24;13:1142041. doi: 10.3389/fcimb.2023.1142041. PMID: 36909735; PMCID: PMC9998696.
2-Knezevic J, Starchl C, Tmava Berisha A, Amrein K. Thyroid-Gut-Axis: How Does the Microbiota Influence Thyroid Function? Nutrients. 2020 Jun 12;12(6):1769. doi: 10.3390/nu12061769. PMID: 32545596; PMCID: PMC7353203.




